Le statut du Breton Dans la vie publique.
Il n'y a pas de statut officiel pour le breton dans la vie publique. Et le fait que tous les gouvernements, de gauche ou de droite, ont toujours refusé l'idée même d'un débat au Parlement sur un statut des langues dites "régionales" en dit long sur le degré d'ouverture des pouvoirs publics sur un tel sujet.
D'après la Constitution (revisée) de la Vème République, "le français est la langue de la République". La langue bretonne serait donc un anachronisme de l'Ancien Régime, et l'on se souviendra du discours de Barrère à la Convention : "la superstition parle bas-breton". Le français bénéficie donc, contrairement au breton qui n'existe pas légalement,de la protection de la constitution et des lois, car si tous les citoyens sont égaux, une seule langue est plus égale que les autres.
La loi de 1975 qui protège le français est utilisée contre le breton, comme d'ailleurs jusqu'ici l'édit royal de Villers-Cotterets de 1539, par les tribunaux républicains d'aujourd'hui. L'utilisation de la langue bretonne dans les documents juridiques et commerciaux, ainsi que dans la publicité est contraire à la loi française. Les factures ou les affiches de festoù-noz en breton sont donc illégales.
Le breton hors-la-loi
Le breton est ainsi, et tous ceux qui le parlent avec lui, formellement "hors-la-loi". La France, qui reconnait les droits des minorités ethniques et linguistiques, sauf sur son sol, a toujours refusé de signer l'article 27 de la Déclaration des Droits Civils et Politiques qui l'obligerait à respecter les droits linguistiques des bretonnants. De même, elle refuse aujourd'hui de signer la Charte Européenne des langues minoritaires autochtones.