Rapidement, le FLB qui, par analogie avec l'IRA, donne à sa force de frappe le nom d'ARB (Armée républicaine bretonne), durcit ses actions. Une cinquantaine de militants sont arrêtés en 1969, dont Jean Bothorel et emprisonnés à la « Santé » avant de bénéficier d'une amnistie électorale six mois plus tard. Ces militants appartiennent aux organisations traditionnelles du combat breton qui à cette époque était largement ancrées à droite (parmi ceux-ci on trouve quelques prêtres). Entre décembre 1968 et janvier 1969, les premiers réseaux sont démantelés, mais devant l'ampleur du mouvement et de son ancrage dans toutes les catégories de la population, le pouvoir prend peur. Lors de son Tro Breizh (tour de Bretagne), le général De Gaulle donne l'ordre de mettre fin aux arrestations, « surtout de prêtres ! ».
son combat portait sur les thèmes suivants : - la colonisation forcée de la Bretagne par la France (ruine de l'économie bretonne à compter du XVIIIe siècle) ; - la revendication du strict respect du traité de 1532 liant la Bretagne à la France. « Lequel traité est bafoué depuis la révolution de 1789 » et la fameuse nuit au cours de laquelle fut votée par les députés du tiers état l'abolition de tous les privilèges.
De nombreux attentats à la bombe sont perpétrés contre des préfectures, des perceptions, des monuments et locaux administratifs, des casernes, des gendarmeries, tout ce qui peut représenter l'« État français » en Bretagne.
Le FLB « historique » a disparu de la circulation depuis ce procès pour renaître de ces cendres quelques années plus tard. L'ensemble de l'Emsav (mouvement breton), à l'exception notable de l'UDB (Union démocratique bretonne), refuse de condamner le FLB, et la population sourit au spectacle des perceptions volatilisées.