années 1960, scandalisé par le cynisme des partis politiques,
Jean Bothorel adhère au FLB en 1968. Pour passer à l'action
directe quelques mois plus tard et vivre l'incarcération en1969.
Etudiant gaulliste bon teint, Jean Bothorel n'aurait pas imaginé
un tel destin.
En 1963, nommé auprès de Raymond Marcellin au ministère de la Santé,
il prend conscience du mépris des élites parisiennes pour le
développement des régions. A l'occasion de contacts professionnels avec
les élus bretons, ce Léonard renoue avec une Bretagne qu'il avait fini par
presque oublier : " J'ai, enfin, découvert la Bretagne, étonné, ici, par sa
pauvreté, là, par sa résignation, ailleurs, par sa colère ", écrit-il. Une région
qui s'enfonçait dans le sous-développement et personne, alors, n'aurait
parié sur son rétablissement ". Et pendant ce temps : " L'élite parisienne
continuait de vivre dans le sentiment que tout ce qui éclairait la planète
était français, et que tout ce qui était français était propre à éclairer la
planète ".
En 1965, Jean Bothorel quitte Raymond Marcellin pour le cabinet d'Yvon
Bourges, nommé secrétaire d'Etat chargé de la recherche scientifique. Le
député-maire de Dinard crée le mensuel Bretagne Magazine et nomme
Bothorel rédacteur en chef. " Sous la tutelle de Bourges, Bretagne
Magazine ne peut, à l'évidence, s'écarter d'un conformisme tranquille,
folklorisant, avec, de-ci, de-là, quelques articles de fond sur la vie
économique et sociale ". Ce conformisme agacera le rédacteur en chef
qui prendra des positions de plus en plus régionalistes et sera éjecté
quelques années plus tard par Yvon Bourges pour avoir donné la parole
au chef de file de l'opposition socialiste en Bretagne, Michel
Phlipponneau.
Journaliste à l'Expansion, Bothorel continuera à militer au sein de l'Emsav
avec son ami Xavier Graal, pour adhérer ensuite au FLB et participer à
deux attentats à la bombe.