Mardi 28 septembre 1999, six heures du matin : un commando de sept à dix personnes, dont une femme, s'introduit dans l'enceinte de la société Titanite à Plévin (sud des Côtes-d'Armor, à la limite du Morbihan) , un bourg proche de Carhaix, et neutralise les chauffeurs qui viennent prendre leur service. La société Titanite y entrepose des explosifs industriels utilisés surtout en carrières; elle a donc de nombreux clients.
Le système d'alarme n'a pas fonctionné. Les membres du commando sont, masqués, vêtus de tenues « style militaire », armés d'arme de poing. Ils chargent plus de huit tonnes d'explosifs conditionnés dans des cartons, 5000 détonateurs et des kilomètres de cordeau détonnant, selon les données fournies par l'entreprise. A huit heures, ils quittent les lieux. Le personnel donne l'alerte. Un hélicoptère de la gendarmerie survole en vain la région. La section antiterroriste du parquet de Paris (dirigée par Irène Stoller) est immédiatement saisie, différents services de police affluent à la suite des gendarmes à Plévin. Les chauffeurs de Titanite sont interrogés et invités à la plus grande discrétion vis-à-vis de la presse.