Il en est ainsi de l'Irlande, la plus ancienne des colonies de l'Angleterre, qui après huit siècles de colonisation a su lutter avec succès contre une occupation souvent brutale et profondément injuste au plan économique et social.
Le Pays de Galles, suite à une conquète précoce par les rois anglais au cours du moyen-âge, a su maintenir vivante d'une manière plus paisible sa langue et ses traditions, enracinées par une culture ouvrière militante et résistante à l'uniformisation anglo-saxonne. Aujourd'hui, c'est sans conteste le pays qui pérpétue avec le plus de respect sa tradition poétique, lyrique, et qui a sans doute aussi sauvegardé dans son inconscient une part du vieux solidarisme antique sur lequel reposait l'unité de la tribu. C'est aussi le pays celte dans lequel la langue est la plus vigoureuse, et ou elle garde son statut de langue véhiculaire et littéraire.
L'Ecosse, de son coté, nous l'avons vu, a récupéré son propre parlement après quasiment trois siècles de "suspension" de celui-ci. Mais elle aussi, comme l'Irlande en son temps, penche de plus en plus vers l'indépendance. Les conditions politiques ne sont plus les mêmes, et si une guerre civile est inenvisageable, il n'est pas inutile de se demander quelles pourraient être les conséquences d'une éventuelle rupture des liens avec Londres.
La Bretagne elle aussi eut à souffrir de la tutelle française. Elle fut sans doute moins violente que la colonisation britannique en Irlande, mais elle ne manqua pas, par sa maladresse et par toutes les erreurs qui purent être commises, de provoquer des traumatismes qui ressurgissent aujourd'hui avec un certain réveil de l'autonomisme.
Tous ces pays, ces régions, prennent peu à peu conscience de leur singularité; de cette histoire qui les unit loin dans le passé,